Les bibliothèques idéales vues par nos ambassadeurs - Episode 2

27 septembre 2023

Des passionné.es de livre et de lecture, ambassadeurs et ambassadrices de Lire notre monde, se sont rendu.es aux Bibliothèques Idéales et nous ont fait part de leurs impressions, leurs découvertes et leurs ressentis. Voici l'épisode 2 !

21 septembre 2023

17h : Marie-Christine Barrault - "La douceur intranquille"

"Si tu savais, c'est merveilleux" ou l'autopsie d'un environnement familial chaotique.

Marie-Christine Barrault est confrontée aux deuils des êtres chers comme si la mort l'attendait au tournant tout au long de sa vie. C'est au regard de la mort qu'elle finit par comprendre le mystère de la vie. Les épreuves ont forgé sa personnalité. Elle fait également face à d'autres maux: le machisme de son entourage qui lui renie même son talent. La communication est absente dans la famille: lorsqu'elle est en colère contre sa mère, son beau-père ou la vie, celle- reste souterraine. Personne ne lui donne la parole et elle n'ose pas la prendre. Son épanouissement, elle la trouvera dans son métier jugé "incroyable": "la force du métier me porte, elle magnifie la part d'humanité, elle rend surhumain". La maternité en est un autre accomplissement: "j'ai retrouvé une espèce d'amitié avec mon corps à la naissance de mes enfants". Elle a su trouver l'équilibre vie familiale-vie professionnelle. L'actrice régale le public dans un autre domaine. Humaniste et passionnée, elle tient à la culture de la lecture: "c'est le seul moment où je me sens en sécurité, je ne suis pas fatiguée".

Un livre délicat, intime, positif, extrêmement féminin, une histoire dans laquelle plusieurs femmes se reconnaissent. "Si tu savais, c'est merveilleux" devient, l'espace d'une rencontre, le carrefour des femmes. Marie-Christine Barrault, c'est toi, c'est moi, ... C'est la femme plurielle.

Philomène Milolo

22 septembre 2023

17h30 : La littérature fait son cinéma - Quiz littéraire

Ce 22 septembre, la médiathèque Simone Veil accueillait en son sein une activité ludique liant littérature et cinéma. Il s’agissait de former des équipes, multi générationnelles qui se sont "affrontées". Le but était de retrouver le nom du film ainsi que le réalisateur et l’auteur de l’œuvre.
En effet, chaque extrait était tiré de grands classiques littéraires – Germinal, Autant en emporte le vent – de diverses sagas – Harry Potter, le Seigneur des Anneaux – ou de BD – DC Comics, Spirou et Fantasio...
Ce fut un moment fort agréable, un mélange de rires et de bonne humeur. Rien de tel pour entamer un nouveau week-end !

Arnaud Riess

19h : Marie Bluteau - Les adolescents face à la littérature

Avortement, climat, féminisme, bonheur, amour… Des sujets qui nous ont tous interpellés. Nous adultes, qui avons tant de sources d’informations que nous connaissons, adaptées à chacun.

Mais qu’en est-il de nos ados ? Des ados qui cherchent à se forger leurs propres avis dans une recherche d’eux-mêmes perpétuelle. Des ados aujourd’hui sous le jougs de tant d’informations sans même savoir laquelle écouté, parfois perdus dans la peur du jugements de leurs avis.

Lors de cette rencontre, l’éditrice Marie Bluteau nous a partagé ce havre de paix, dont tout jugement est absent, dans lequel chacun et chacune peut s’informer, se questionner, apprendre sur des thèmes d’actualité, sociaux, qui nous questionnent : la collection ALT, aux éditions La Martinière, qui ne saurait être plus accessible par sa trentaine de pages à 3,50€ seulement.
De quoi donner matière à réfléchir pour un monde meilleur.

Sara Gendronneau

Donner des clés pour ouvrir et mener les débats.

Aborder des sujets brûlants, à la fois intemporels et d’actualité.

Intéresser et questionner sans infantiliser ou mépriser.

Mettre à disposition des livres abordables, fruits d’une démarche éditoriale engagée.

Ouvrir des portes et créer des ponts entre générations.

Laisser s’exprimer des experts, des activistes, des artistes.

Je suis ressortie optimiste de la rencontre avec Marie Bluteau responsable éditoriale aux éditions La Martinière Jeunesse, quatre ouvrages de sa brillante collection ALT entre les mains, et l’envie brûlante d’en parler autour de moi. La collection ALT : une boîte à outils pensants pour les curieux, jeunes et moins jeunes.

Alexandra Zins

19h : Aurélia Marceau, Camille Marceau, Grégory Ott & Sébastien Vela Lopez “Lokos” - Marceau, hommage musical et dansé

La fête du Mime Marcel Marceau fait salle comble. Du livre-événement "Histoire de ma vie", expliqué par ses deux filles, au concert tous les détails retiennent l'attention. On apprend que Marceau suit les traces de Charlie Chaplin, son guide artistique.

Les artistes sont justement en pleine forme. Une histoire sans paroles commence. Un lien étroit s'installe entre eux et l'assemblée. Aristote met en relief les vertus cathartiques du théâtre, il n'échappe à personne que le geste ouvre l'esprit. La joie visuelle égaye même les murs de la Cité idéale. L'hommage épouse l'expression du célèbre artiste : le silence, un langage compris partout et par tout le monde.

"Les rires et les larmes touchent tous les cœurs". L'exemple est sur scène, ce jeune homme en mouvement, un "Robocop" dont les parties du corps sont presqu'amovibles, qui émeut le public. Un véritable défi créatif ! Une saine revanche de l'art ?

L'apothéose est atteinte avec la présence des enfants, remarquables par leurs adaptabilité et performance. La composition poétique de Gregory Ott offre un voyage apaisant incitant à la contemplation de la cathédrale. "Le silence est une note de musique", précise-t-il. Il s'interdit de parler de Marcel Marceau sans saluer la cathédrale, la mère de tous.

 

Philomène Milolo

20h30 : Rebecca Manzoni & Las Baklavas - Music Queens, les girls power rock

50ft Queenie

Quand Rebecca Manzoni, petit bout de femme délicate protégée par sa veste bleue marine à trois bandes blanches, évoque comme modèle une PJ Harvey en mini-jupe et talons aiguilles, front woman menant de son énergie et de sa voix puissante un rock "masculin", on se dit que c’est bien de cela dont il s’agit : un oui, un tout est possible, un jouissons sans entraves ! En jean et chemise débraillée (Patti Smith), en mules à talons et peroxydée (Blondie), en rose et bien en chair (Lizzo, Gossip) en robe baba cool (Anne Sylvestre) ou en combi argentée (Sheila), c’est l’épopée et les combats de ces héroïnes pop libérées que raconte Rebecca Manzoni dans son livre, Music Queens (Bayardgraphic) et dans ses petits films d’animation visibles sur Arte.

La voix singulière de Rebecca a bercé mes matins pendant de longues années, illuminant de son savoir et de sa fantaisie ma B.O. et mon penchant passionné pour la musique.

Avec brio, discrétion et détermination, sa voix parle pour elle, Rebecca Manzoni n’a cessé de s’emparer des cultures, musicales, bd, cinéma, et demain littérature-elle prend la suite de Jérôme Garcin au Masque et la Plume dès janvier- pour nous rappeler que le féminisme a autant à voir avec la lutte de pouvoir qu’avec l’autorisation à soi-même.

Valérie Bisson

23 septembre 2023

16h - Camille Laurens et Charles Pépin - Parler de la vie, sans tabou.

Kaléidoscope

Entre son devoir de mémoire et sa tension, vitale, vers le désir, l’être humain peut-il réellement se défaire de son passé et éviter de se projeter dans le futur ? Se créer un espace consolé du présent où assembler à la fois ce qu’il a été et ce qu’il sera ? L’écriture et, plus largement, les interstices de la création tendent vers ce creuset, ce présent hors-le-monde. Pour écrire le désir, il faut faire œuvre de mémoire. Pour faire naître le désir, il faut entrer en relation et mesurer ce qui nous sépare. Le dialogue en miroir noué entre Charles Pépin, philosophe (Vivre avec son passé, Allary) et Camille Laurens, autrice, (Inventer le désir, QuartoGallimard) en ce samedi après-midi ensoleillé face à une salle comble, a permis de sonder les méandres de nos mémoires, de nos perceptions, de nos projections et de jouer avec les reflets de chacun des fragments colorés qui composent nos vies, pour s’en amuser, se déplacer et finalement tenter de s’affranchir.

 

Valérie Bisson

24 septembre 2023

14h : Valérie Bonneton - L’humour est-il une arme ?

Je connaissais tout le potentiel comique de Valérie Bonneton, j’ai retrouvé durant sa prestation son talent sur scène. Mais quelle belle surprise de découvrir son talent pour les mots. Les mots justes. Les mots drôles au service du moins drôle, au service des difficultés de la vie. Il a du chien, ce texte, Maman à moi, publié aux éditions JC Lattès. Du coup, je n’ai pas seulement ri. Les larmes sont parfois montées, juste un peu, avant que Valérie ne me fasse à nouveau rire aux éclats.

Le plus dur ? Que la prestation s’arrête. J’aurais pu rester jusqu’au point final du livre, dans cette pièce sublime de l’Aubette, à écouter et regarder Gaston le bichon maltais à travers la talentueuse Valérie. Ma suggestion pour parer à cette frustration ? Que Valérie envisage un enregistrement en roman audio ! Car qui mieux qu’elle pour nous raconter cette histoire ?

Alexandra Zins

15h30 : Kiran Millwood Hargrave & Wilfried N’Sondé - Femmes puissantes et sacrifiées

Sorcière, religion, histoire, sacrifice… Tout se mélange dans ces deux ouvrages pour ne mener qu’à une lutte commune : le féminisme. Une cause ô combien importante en ces sombres jours… comme il y a jusqu’à 500 ans. Par l’Histoire et le récit, nous suivons deux femmes qui se démèneront, chacune à leur manière si particulière, pour leur cause, pour leur sexe, pour leur droit d’exister, de liberté.

Chez Kiran, se mêlera les fausses couches, la danse et la musique de notre chère Strasbourg de 1518 lorsqu’avec Wilfried, nous nous retrouverons à suivre les aventures d’une héroïne Africaine au Congo.

De quoi apprendre, découvrir et comprendre de la meilleure des manières : par la littérature.

Sara Gendronneau

Kiran Millwood & Wilfried N'Sondé, "La Danse des Damnées" & "La Reine aux yeux de lune", deux romans fascinants, "des pages saisissantes", confie l'animatrice Mine Gumbay. Pourquoi une rencontre à deux voix ? Quelles similitudes ou différences y-a-il entre les deux, au point de vouloir les unir sur la même table ?

Attardons-nous sur les premières : l'action de deux se situe au 16e-17e siècles, Lisbet et Kimpa Vita, les personnages principaux sont des femmes, habitées par le christianisme, à la fois "universel et humaniste". Les deux femmes sont meneuses de troupes : alors que l'une inspire d'autres femmes avec des danses folles devant la cathédrale de Strasbourg, l'autre est presqu'à la tête d'une armée dans le royaume Kongo. Les deux icônes sont victimes de leur succès et font face à la "chasse aux sorcières".

Les deux auteurs n'excluent pas une perspective féministe à leur œuvre, une approche optimiste : pour Kiran, il faut faire du bruit, beaucoup de bruits pour "ouvrir la parole et lever le tabou sur les fausses couches dont les conséquences sont sous-estimées. Pour Wilfried "le discours de résistance de Kimpa Vita doit être modernisé pour faire changer les mentalités". Et l'écriture est une des armes. Il est vrai que la présence de la culture favorise le mieux-être collectif. Il y a de l'affluence dans les couloirs de la Cité idéale. Le festival littéraire 2023 touche à sa fin. Ce fut une expérience formidable!

Philomène MILOLO

17h30 : Line Papin & Benjamin Siksou - Comment chemine le sentiment amoureux ?

Un instant hors du temps. Une voix, un doux timbre mélodieux, puis une seconde, rythmée par la mélodie des notes. Retomber amoureuse des mots par la poésie, comme une déclaration d’amour, les retrouvailles avec un amant longtemps perdu. Parce qu’on oublie trop l’impact de la poésie.
Le pensemant que sont les mots sur les douleurs, les ruptures, sur l’amour. Ceux que l’on écrits comme Pine Papin dans son roman Après l’amour.

"Je ne parle pas de l’acte, qui nous laisse des expressions ébahies, des corps lascifs et détendus. Je parle du sentiments amoureux."
Puis ce sourire qui se dessine, le pied qui bat au rythme de la guitare et de la voix de Benjamin Siksou. Ces paroles, ces notes qui font revivre des histoires le temps de quelques minutes. Un duo qui fait couler les larmes, le temps de faire le deuil, une seconde fois, de ces histoires d’amour.

Et dire que j’y étais.

Sara Gendronneau

15h : Rencontre de François Jullien

Humain très humain

Philosophe, helléniste et sinologue, François Jullien a ouvert un vaste chantier entre les pensées de la Chine et de l’Europe, mettant au grand jour le concept de Wuwei, une notion taoïste d’agissant dans le non-agir qui n’est pourtant pas une passivité. Habile jongleur de concepts apparemment opposés et d’une pensée perçue comme paradoxale par la réflexion européenne contemporaine de la performance normative et connectée, il revient avec la notion d’esprit, décorrélée de son spiritualisme, au sens d’esprit libre, en mouvement surement, esprit vivant, en chair et en os, en relation physique avec l’autre et le « Grand tout », un esprit qui redonnerait à la fois du sens aux mots, au fait d’être humain et enfin au respect du vivant. François Jullien nous parle de « la vraie vie », en présupposant qu’il y en ait une autre, plus intense, plus libre, plus pleine, plus surprenante, plus authentique que celle de nos routines et de nos écrans.

Valérie Bisson

 

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